Goban how-to

Bricolage de gobans lourds et contondants ou comment construire un plateau pour le jeu de go avec un bon morceau de hêtre, pas mal de matériel et de papier de verre.

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Je rassemble sur cette page des notes, des conseils, des souvenirs, des idées pour la fabrication artisanale de goban. Ce n’est pas à proprement parler un HOWTO, mais plutôt un recueil de souvenirs qui pourraient intéresser quelques personnes, qui sait ?

Vous êtes libres de faire ce que vous voulez de ces informations, des photos, des textes, faites juste attention à ne pas vous blesser :)

Ha oui, aussi, ne reproduisez pas la séquence prise en photo, hein, elle est juste là pour habiller un peu le goban ;)

Récupération d’un plateau

Le choix du plateau obéit à plein de règles :

On trouve difficilement des morceaux de plus de 10cm d’épaisseur dans les menuiseries et les scieries classiques, et encore plus difficilement du kaya, l’essence traditionnelle utilisée pour la fabrication des gobans (d’ailleurs, je ne sais même pas si l’on peut en trouver en France).

J’ai récupéré un morceau de hêtre de 120x60x12cm chez un négociant en bois (DUPUY, La Bachellerie, 24). Le morceau est propice à la réalisation d’un goban itame , c-a-d dont le coeur est au centre du plateau.

Le hêtre est à priori un bois plutôt intéressant pour fabriquer un goban : il est clair, dense, homogène (coeur et aubier indistinct), résiste assez bien aux fentes, est facile à travailler et supporte de nombreuses sortes d’enduits.

Dégrossissage

Tronçonnage du plateau aux dimensions approximatives du goban

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Aplanissage des faces avant découpage

Il faut aplanir les faces supérieure et inférieure du futur plateau pour le dégauchissage afin qu’elles puissent servir de guides.

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Découpage et dégauchissage aux dimensions finales

À partir du morceau aplani, le découpage à la scie à ruban fournit un plateau dégrossi aux dimensions quasi finales:

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Le dégauchissage permet d’approcher au plus près les dimensions finales tout en préparant toutes les faces du plateau.

(NB: lors du rabotage, il faut toujours essayer de finir par une face dans le sens de la fibre de manière à ne pas laisser d’éclats dans les angles).

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Réalisation de la grille du goban

La grille du goban est formée par 18x18 cases (et donc 19x19 lignes) légèrement rectangulaires, supposément pour améliorer la perspective des joueurs.

Ponçage

Il est important que la face supérieure du goban soit bien plane et lisse pour dessiner la grille.

Avec une grande cale à poncer, poncer dans le sens du bois en diminuant progressivement le grain du papier jusqu’à disparition des traces précédentes (50 = grossier, 80 = moyen, 120 = fin).

NB : L’utilisation d’une grande cale permet de conserver la planéité du plateau.

Il est possible de mouiller un peu le bois entre les ponçages de manière à faire ressortir les veines.

Pré-traçage

En résumé, les dimensions des différents objets sont les suivants :

Niveau Largeur (mm) Longueur (mm)
Case 23 25
Grille 414 450
Goban 440 480

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Rainurage

J’ai choisi de faire des rainures sur la face supérieure du goban en place des traditionnels traits à l’encre.

En effet, cela nécessite de vernir le plateau pour tracer de manière propre (sans coulures, avec des crayons tubulaires) et assurer la durabilité des tracés (résistance au frottement, à la lumière). Or le vernissage d’un tel plateau requiert une certaine expérience et je crains qu’un vernis mal appliqué ou de moindre qualité soit plus un risque de soucis qu’autre chose …

Les rainures présentent les avantages d’une certaine originalité, d’une grande durabilité et d’une régularité plus facile à obtenir.

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Notes : j’ai plusieurs idées concernant les possibilités pour faire ressortir les rainures. La première consiste juste à “colorer” avec de la graphite ou équivalent, puis à fixer avec un enduit protecteur (vernis ou huile). La seconde reviendrait à boucher les rainures avec un enduit noir et dur puis de le poncer et de le fixer.

Finition

Avant de commencer la finition du plateau, il faut finir les rainures, en particulier assurer la jonction des extrémités avec les rainures extérieures.

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Une fois les rainures réalisées et bien finies, il est temps de poncer légèrement le plateau avec du papier de finition (du 320 par exemple).

Toujours dans le sens des fibres, repasser toutes les faces avec la grande cale

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Les hoshis

Les hoshis sont les 9 étoiles placées sur le goban aux positions (4.4) de chaque angle, (10.4) de chaque coté et au milieu du goban. Je n’ai pas encore trouvé de méthode idéale pour faire ces dites étoiles, mais j’ai pu essayer plusieurs méthodes.

Emporte pièce

Avec 2 emporte pièces de diamètre 6 et 8 mm, on peut arriver à réaliser une «rainure» circulaire, donc assez homogène avec les rainures du reste du goban. En même temps, le résultat n’est pas très gracieux, puisque le centre du hoshis reste assez vilain (à cause des rainures formant une croix en son centre).

Marquetterie

Une autre approche consiste à incruster un petit cylindre de 6 à 8 mm de diamètre à l’endroit du hoshis après avoir pratiquer un trou au diamètre adéquat. Le morceau incrusté devra être noir (autre essence, matériel de marquetterie ou autre ?).

On peut ensuite choisir de faire ou non les rainures sur le hoshi fraichement incrusté.

Cette méthode est nettement plus technique que la précédente. Elle nécessite plus de matériel, de savoir-faire mais sera certainement plus propre, plus agréable à l’oeil. Peut être un peu moins cohérente.

Autres

Restent évidemment d’autres alternatives, qui consisteraient à repérer les hoshis par un point de peinture ou d’encre, par un clou ou assimilés, …

Application d’un enduit

Passage à l’huile de lin

L’enduit à plusieurs rôles à tenir sur le goban :

L’application de l’huile se fait au pinceau, abondamment selon la «soif» du bois. Après l’application, il est bon d’essuyer l’excédent, de laisser sécher, de re-poncer légèrement ( papier de finition), de ré-appliquer, etc, jusqu’à obtention d’un rendu propre et régulier.

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Entre les applications, il peut être bon de renforcer les rainures avec de l’encre noire appliquée au choix avec un tubulaire, un pinceau, une plume … ou encore avec une pointe de graphite. Les couches suivantes viendront fixer l’ensemble par la suite.

J’ai choisi d’utiliser l’huile de lin qui nourrit bien le bois, embellit et fait bien ressortir les rainures. Toutefois, d’autres solutions sont envisageables :

Assemblage

Selon les goûts de chacun, il est possible de trouver dans le commerce des pieds qui conviennent pour les gobans en terme de dimension et de look (difficile de faire ou de trouver des pieds traditionnels :/). J’ai trouvé des pieds en hêtre de 8x8x10cm, vissables, pour environ 3-4 euros / pied.

L’optimum serait de conserver des chutes assez grosses pour tourner quelques pieds exactement selon notre bon désir, mais cela demande desmachines et de l’expérience.

Une fois préparés, il ne reste plus qu’à les assembler au goban.

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Quelques trucs

Travailler avec les défauts du bois

Le bois, en bon matériau naturel, présente parfois quelques défauts (fentes, noeuds principalement) avec lesquels il faut travailler. Tout d’abord, acceptons que les défauts du bois font aussi son charme, si l’on accepte pas celà, autant travailler avec un bloc de plastique, de contre-plaqué ou encore de marbre reconstitué, garantis à 100%.

Voyons quelques possibilités de workarounds :

Pour illustrer tout ça, prenons le cas d’un noeud dont le bois commencerait à s’abimer (décomposition) :

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Cette méthode est évidemment loin d’être parfaite bien sûr, mis en choisissant l’insert dans une couleur proche du plateau, on doit pouvoir obtenir un résultat intéressant.

Illustrations et liens

Un goban Itame :

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La petite pyramide inversée :

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